Le learning centre : modèle pédagogique pour l’école numérique ?

Analyse critique d’un modèle.

RESUME
Texte d’analyse cri­tique du modèle des Learning Centres, proposé lors du sémi­naire national "Du CDI au Learning centre" - plan national de for­mation 2011 - du 23 au 25 mars 2011 à ESEN (Poi­tiers). Suivi d’un compte-​​rendu factuel, proposé par la FADBEN, de ce même séminaire.

Le learning centre : modèle pédagogique pour l’école numérique ?

Analyse critique d’un modèle.

Un nouveau « modèle » d’établissement à l’ère du numé­rique a été pré­senté au sémi­naire de l’ESEN en mars 2011. D’origine anglo-​​saxonne, il redessine le modèle péda­go­gique dominant du « tea­ching » par celui du « training » et du « learning », et cela grâce à des espaces de vie sco­laire à réin­venter : les learning centres.

Ce sémi­naire voulait impulser une inci­tation au chan­gement en pré­sentant des récits por­teurs de cette « inno­vation » dans le contexte de l’enseignement supé­rieur essen­tiel­lement (en Grande-​​Bretagne et en France). Il a donc été proposé, à travers l’analyse de ce modèle et de son équi­pement tout numé­rique, de montrer comment per­mettre une meilleure réussite des élèves en modi­fiant pro­fon­dément les pra­tiques d’enseignement et les pra­tiques de médiation.

Dans le déve­lop­pement de la culture infor­ma­tion­nelle, et plus lar­gement dans la construction de tous les savoirs, cer­tains dis­cours domi­nants imposent les machines à apprendre comme modèle. Jusqu’à quand l’humain gardera-​​t-​​il la main sur la péda­gogie et la didac­tique ? Et plus par­ti­cu­liè­rement en information-​​documentation où les tech­no­logies numé­riques ont lar­gement bou­le­versé le rapport de l’homme aux données ?

Aujourd’hui l’élève s’informe et com­mu­nique avec le monde en temps réel et voici res­surgir le fan­tasme selon lequel l’informatique et l’explosion d’Internet inventent de nou­velles façons de penser et d’organiser l’apprentissage. L’enseignement dis­pensé dans l’établissement, autrefois organisé en cours souvent cloi­sonnés, évoluera désormais en « écosystème » per­méable, faci­litant les col­la­bo­ra­tions. Le pro­fesseur dans son rôle de « coach » conservera donc toute sa légitimité.

Or, un ensei­gnement à dis­tance géné­ralisé, dés­in­carné, ne ferait qu’élargir la fracture numé­rique. Et ce n’est pas être pas­séiste que de résumer ce sémi­naire à ce simple slogan : « croyez en vous et en vos capa­cités à bouger, car il est urgent de changer de modèle, de passer du cours à l’autodidaxie, d’envisager l’action d’apprendre sans maître, de passer enfin du CDI au learning centre ! »


Lecture cri­tique du modèle

Digital is beautiful

Comment le modèle archi­tec­tural du learning centre accompagnera-​​t-​​il la mise en œuvre de nou­velles démarches d’apprentissage dans l’enseignement français ?

Comment, à l’ère du numé­rique, les tech­no­logies de l’information et de la com­mu­ni­cation permettront-​​elles de résoudre les besoins d’information des élèves ?

D’après les inter­ve­nants à ce sémi­naire, la biblio­thèque, « troi­sième lieu » de vie des élèves, per­met­trait de trans­former leur vie per­son­nelle et leur rapport à l’apprentissage. Ce modèle s’appuie sur la res­pon­sa­bilité et l’autonomie affirmées des élèves dès leur plus jeune âge et impose une démarche construc­ti­viste (auto-​​apprentissage et apprendre à apprendre) comme « modèle » des appren­tis­sages. Cela inci­terait les élèves qui le veulent à par­ti­ciper au « training » ou « e-​​learning » conçus pour eux, dis­po­nibles sur les machines dans et hors établis­sement 24h/​24. Un « SOS » élec­tro­nique met­trait l’élève en relation avec un service qui lui cher­cherait un coach, un expert dis­po­nible dans une salle annexe (salle des pro­fes­seurs ?) ou répon­drait à la demande en fonction du besoin d’information. Et au sein de l’établissement, le guichet unique proposé dans le learning centre per­met­trait de répondre à toutes les demandes des élèves.

Cependant les lycéens ne sont pas des étudiants, pour les­quels le modèle du learning centre a été conçu. Que se passera t-​​il pour les élèves qui ne seront pas suf­fi­samment auto­nomes ? Resteront-​​ils au bord du chemin de leurs appren­tis­sages devant un écran ?

Ce modèle pré­senté nécessite, évidemment, de revi­siter le système sco­laire actuel pour tendre vers une démarche de « student-​​centred learning » qui implique plus de travail per­sonnel de la part des élèves, moins d’heures de cours en classe. C’est donc la répar­tition des emplois au niveau de l’établissement entier qui est ques­tionnée : postes d’enseignement, d’encadrement, d’expertise (tech­nique, juri­dique, didac­tique), d’accompagnement. Mais cet aspect du pro­blème n’était pas à l’ordre du jour du sémi­naire et n’a pas été abordé.

Liberté ou libertés ? 

Le principe de liberté est énoncé clai­rement, pour ne pas dire martelé : liberté d’accès à l’information, liberté d’accès aux espaces, liberté de com­por­tement dans l’espace, liberté de tra­vailler, liberté de jouer… …Un exemple a été pré­senté par Marie-​​France Bis­brouck : celui de la biblio­thèque concept de Delft. Pour autant, ni le mot « liberté », ni celui d’interdit(s) - qui dans le cadre conceptuel du sémi­naire en serait l’antonyme- n’ont été pro­noncés. Le terme omni­présent est « auto­nomie ». Le lieu doit donc répondre aux besoins de l’élève en lui offrant un espace attractif, ouvert et unique, mettant à sa dis­po­sition des ser­vices mul­ti­fonc­tionnels. Le décloi­son­nement permet de rendre l’espace plus familier aux élèves ; il autorise une cir­cu­lation aisée entre les ordi­na­teurs et les espaces de conver­sation, faci­litant l’accès à des res­sources illi­mitées ou à des savoirs nom­breux et actua­lisés venant de la planète entière.

Dans le contexte des établis­se­ments sco­laires du second degré, le learning centre est pré­senté comme un choix de vie… sco­laire. C’est une approche élargie du lieu de vie de l’élève dans l’enceinte de l’établissement qui est ainsi pro­posée : fusion des lieux (CDI - salle de per­ma­nence - espaces de convi­vialité type maison des lycéens) et des ser­vices. La poly­va­lence demandée aux per­sonnels apparaît donc comme une consé­quence logique de ce choix.

Mais ce choix n’est-il pas essen­tiel­lement dicté par des raisons écono­miques plutôt que péda­go­giques ? Dans son exposé, Graham Bulpitt [1] n’a-t-il pas glissé du terme « étudiant » à celui de « public » ?

La logique de consom­mation rencontre-​​t-​​elle la finalité de l’enseignement ? Peut-​​on super­poser les termes attentes, besoins, ser­vices, ensei­gnement et apprentissages ?

La modernité d’un monde informationnel en vitrine

Concernant le lieu learning centre, les vidéos mises en ligne sur le site de l’ESEN [2] donnent à voir des outils tech­no­lo­giques et des ser­vices à dis­tance liés au service d’éducation, ce qui implique des inves­tis­se­ments mobi­liers impor­tants et coûteux : ordi­na­teurs, auto­mates assurant le prêt, espaces de travail convi­viaux en nombre, mais aussi vidéo sur­veillance. Le campus virtuel se donne à voir et le luxe exerce son pouvoir séducteur. Mais ce luxe de moyens concernerait-​​il tous les établis­se­ments du second degré ?

Une modernité des outils et des ser­vices per­mettant le libre accès et le libre choix des élèves, dans le confort et la rapidité de ser­vices auto­ma­tisés, favo­ri­serait, dans l’esprit des concep­teurs, la construction autonome des connais­sances. L’information est mobile, migrant d’un support à l’autre. Le mobilier aussi devient mobile : le design colle au besoin immédiat de l’élève et la rou­lette est l’accessoire indis­pen­sable de ces espaces modu­lables, dont le maître mot est « flexi­bilité ». Nulle situation d’égarement du lecteur d’écran dans cet envi­ron­nement de travail, car sur le peu de murs dis­po­nibles, des posters invitent à uti­liser les tuto­riels, les e-​​cours ou les « jeux sérieux » (« serious game »). L’essentiel dans ce lieu de vie est la pré­sence d’autres élèves dont on fait l’hypothèse qu’ils accom­pa­gne­raient le lecteur peu familier.

L’union de l’architecture et de l’intégration des nou­velles tech­no­logies rendrait-​​elle les bâti­ments intel­li­gents et, par capil­larité, les per­sonnes qui fré­quentent ces lieux ? Au point de penser que les lieux puissent lutter seuls contre l’échec sco­laire ou favo­riser le partage des connais­sances de ceux qui s’y trouvent ?

La fin du « modèle » des CDI annonce-​​t-​​elle la fin des média­tions directes ?

L’annonce de la pos­sible fin du modèle des CDI, au profit d’un « open space » convivial, bruyant et ouvert jour et nuit sur la plus grande biblio­thèque du monde (Internet) inter­pelle les pro­fes­sionnels de l’information-documentation. La confusion per­ma­nente entre­tenue, entre infor­mation, savoir et connais­sance laisse per­plexe les pro­fes­seurs documentalistes.

L’argument péda­go­gique prend une orien­tation unique, celle de l’usage des outils et de ser­vices en ligne. Il est orienté vers la maî­trise des outils et ne permet pas de faire entrer la culture infor­ma­tion­nelle dans ces « lieux de connais­sance ». Quant à la didac­tique, elle a été tout sim­plement évacuée.

La FADBEN voit dans ce « modèle », le désen­ga­gement de la médiation péda­go­gique directe auprès des élèves pour des raisons stric­tement finan­cières énoncées dans la confé­rence éclai­rante de Graham Bulpitt.

L’investissement mobilier exces­si­vement coûteux ne sera pas généralisable, et à qui profitera-​​t-​​il ? Le « modèle » réinventera-​​t-​​il aussi la fonction des per­sonnels ensei­gnants dans l’établissement ? Dans la trans­pa­rence des espaces ouverts, ce sont les machines qui des­sinent l’espace et l’absence de médiation directe du pro­fesseur docu­men­ta­liste en relation avec les autres ensei­gnants laisse augurer des jours dif­fi­ciles pour les élèves. Dans le domaine de l’information-documentation, nous voyons tous les jours la sur­abon­dance de l’information créer « un mur de l’information », qui ne permet pas aux élèves d’y accéder et qui com­plexifie tou­jours plus l’accès au savoir.

La FADBEN ne cesse d’affirmer l’importance du rôle de l’enseignant docu­men­ta­liste dans les pro­cessus d’enseignement-apprentissage.

Bien au-​​delà de la simple maî­trise des tech­niques et des outils, le pro­fesseur docu­men­ta­liste construit des savoirs et par­ticipe au déve­lop­pement de l’esprit cri­tique de l’élève.

La FADBEN inter­pelle l’institution, les poli­tiques, les ensei­gnants de toutes dis­ci­plines et les parents d’élèves pour leur signaler que ces vastes espaces ouverts ne sont qu’un leurre péda­go­gique où le par­cours de for­mation devient un vaste dédale dans lequel l’élève par­vient à construire son propre par­cours… ou pas. S’il le construit, ce sera trop souvent seul entre les murs d’une école ren­voyant impli­ci­tement à la famille une grande partie de la formation.

Sémi­naire : J1

Pour com­pléter le texte d’analyse de la FADBEN, nous mettons à votre dis­po­sition le compte-​​rendu factuel du sémi­naire national "du CDI au learning centre" qui s’est tenu à L’ESEN (Poi­tiers) du 23 au 25 mars 2011. Cliquez sur les flèches orangées pour réduire /​ dérouler le compte-​​rendu des inter­ven­tions à votre gré.

Ouverture - Erick ROSER, Doyen de l’Inspection générale de l’éducation nationale

Il met en avant la qualité du pro­gramme du sémi­naire, temps d’étude et de réflexion autour de trois idées :
  • L’action docu­men­taire par­ticipe à la réno­vation du système sco­laire. La condition de réussite de l’élève est cor­rélée à la recherche d’information placée au cœur des appren­tis­sages et essen­tielle par l’évolution des pra­tiques péda­go­giques liées à la réforme du lycée. Démarche active et plu­ri­dis­ci­pli­narité
  • L’action docu­men­taire est l’affaire de tous. L’ensemble des acteurs péda­go­giques et d’accompagnement doit définir la poli­tique docu­men­taire de l’établissement. Le conseil péda­go­gique devrait se saisir de cette question : réflexion à propos du temps et des espaces d’enseignement et de vie sco­laire. La Poli­tique docu­men­taire est orchestrée par un expert, le docu­men­ta­liste.
  • La docu­men­tation : un service de proximité lié aux appren­tis­sages de l’élève favo­risant leur réussite. Elle nécessite une orga­ni­sation sim­plifiée de l’accès à l’information et une orga­ni­sation de la connais­sance liée au service des appren­tis­sages. Ce qui se passe dans les biblio­thèques uni­ver­si­taires fran­çaises est une voie pos­sible, comme il faut regarder aussi ce qui se passe à l’étranger avec les Learning centres.

Un Nouveau lieu pour apprendre, un lieu plus convivial, moderne, ouvert accom­pa­gnera l’évolution de l’innovation : le learning centre ; et vous, IPR, per­sonnel de direction, CPE et pro­fesseur docu­men­ta­liste, vous êtes les acteurs du changement.

Eduquer , former - Jean-​​Marc Monteil (Pro­fesseur des Uni­ver­sités, CNAM)

Sommes-​​nous entrés dans une véri­table réflexion sur la question « enseigner-​​apprendre » ?

Il existe une repro­duction de cer­taines moda­lités d’enseignement et d’apprentissage mais on n’a pas tenu suf­fi­samment compte des évolu­tions scien­ti­fiques et tech­no­lo­giques. Il n’y a pas de véri­table orga­ni­sation de la trans­mission de la connais­sance dans le couple « enseigner apprendre ».

La recherche est implicite dans le contexte de l’éducation nationale, notamment la connais­sance scien­ti­fique. Les connais­sances conti­nuent à se poser de manière rhétorique.

  • Y a-​​t-​​il une didac­tique trans­versale ?
  • Apprendre et enseigner, cela s’apprend.
  • Quels sont les savoirs indispensables ?

Sur quoi repose l’idée selon laquelle l’enseignement est une habileté pro­fes­sion­nelle ? : les contenus de savoir mais pas seulement . Enseigner est un tour de main et apprendre est lié à un équi­pement « pré­cablé » des apprenants.

Enseigner-​​apprendre :

Pour une société, pour une caté­gorie d’apprenant, il faut dis­poser d’un socle commun. C’est ce qui ras­semble : chacun doit maî­triser ce socle commun mais chacun doit-​​il y arriver par le même chemin ?

Comment faire pour que les savoirs du socle commun soient par­tagés par des per­sonnes ayant des dif­fé­rences énormes, sociales, cultu­relles.… Jean-​​Marc Monteil interroge la notion de classe, qui suppose des normes, des codes, connus et par­tagés par tous les élèves ; or, ce n’est pas le cas. Disposons-​​nous d’espaces et de temps qui pour­raient être dédiés à la prise en compte de ce dis­cours pour que les contenus puissent être appro­priés avec une pro­ba­bilité équi­va­lente par des per­sonnes dif­fé­rentes ? Cela nécessite la prise en compte de la diversité : un pro­blème orga­ni­sa­tionnel est à résoudre ce qui pose la question de la per­ti­nence de la structure classe. Dans la situation du schéma « enseigner-​​apprendre » : on a un sujet (élève) doté de pro­priétés intrin­sèques qui sont dif­fé­rentes (sont-​​elles uni­ver­selles ? mais qui peuvent être cultu­rel­lement mar­quées) et on a un objet doté de carac­té­ris­tiques propres (un pro­blème de math par exemple). L’acte d’apprendre c’est appliquer les pro­priétés intrin­sèques du sujet sur les pro­priétés intrin­sèques de l’objet. Il existe des dif­fé­rences dans le trai­tement de l’objet par les sujets. Le rapport du sujet à l’objet est fait de mul­tiples fac­teurs (par exemple : échec/​réussite). Un sujet peut avoir un rapport simple à l’objet (pas de pro­blème de relation à l’objet) ou double (pro­blème de relation à l’objet et pro­blème de l’objet lui-​​même). Ce rapport peut être positif ou négatif. La médiation va colorer ce rapport.

Face au trai­tement d’un objet, nous ne sommes pas égaux, cela permet l’expression des diversités.

La dis­tri­bution des résultats sco­laires suit la courbe de Gauss. Or le résultat de l’éducation devrait être une courbe en J. L’écart entre les deux est dû à la non prise en compte du rapport du sujet à l’objet ce qui amène cer­tains à une sortie du système sco­laire puis il y a un ensemble moyen et enfin ceux qui ont les codes. La courbe de Gauss est le résultat de l’acquisition des codes de l’école. D’ailleurs, « les profs finissent le pro­gramme, pas les élèves ».

Les enfants sco­la­risés très tôt à 2 ans ont déjà une diversité. On les met dans l’école avec ses codes et les enfants se com­parent. Si on organise cette école de la même façon que celle qui va suivre, la com­pa­raison avec les autres peut être favo­rable ou défa­vo­rable. Si cette com­pa­raison est défa­vo­rable alors ensuite le rapport à l’objet est déjà marqué néga­ti­vement. Pourquoi ne pas consi­dérer l’école dès 2 ans comme un lieu de socia­li­sation uni­quement ? Comment faire l’école à des enfants de 2 ans pour qu’il y ait moins d’inégalité ensuite ? Comment orga­niser l’espace social de l’apprentissage pour les enfants de 2 ans ?

Une expé­rience a été menée dans l’académie d’Aix Mar­seille : pas de cours la pre­mière semaine de la rentrée pour les élèves de 6ème dans une cité sco­laire de Mar­seille : l’élève fait connais­sance avec son nouvel envi­ron­nement (appren­tissage de sa nou­velle vie d’élève du secondaire).

Si l’école doit changer, comment orga­niser le temps et l’espace d’apprentissage sur la durée ?

On prend un objet, on le contex­tualise dans des espaces dif­fé­rents, des temps dif­fé­rents pour aug­menter la pos­si­bilité pour les élèves d’accéder à l’objet : des habillages dif­fé­rents sont à fournir. La tech­no­logie moderne peut-​​elle fournir des habillages dif­fé­rents ? La culture scien­ti­fique est faible y compris chez les scien­ti­fiques. Une for­mation sur la façon dont le savoir est produit est donc néces­saire. Car ce qui est à trans­mettre, c’est la condition de la pro­duction du savoir avec le savoir.

Confé­rence inau­gurale - "Apprendre dans la société numé­rique : rôles de l’école et de la biblio­thèque - Les Learning centres en Grande-​​Bretagne » - Graham BULPITT, Directeur du Learning res­source centre, Kingston Uni­versity, Londres.

Les enjeux des BU en Grande Bretagne.

Le Learning centre un projet archi­tec­tural qui s’inscrit dans un contexte écono­mique par­ti­culier : la “recession”. Le gou­ver­nement a comme prio­rités la réduction immé­diate des dépenses publiques, la révision des retraites du secteur public. Le rapport Browne sur l’enseignement supé­rieur propose que tous les coûts de sco­larité soient sup­portés par les étudiants (environ 9000 livres).

L’enseignement supé­rieur se trouve face à un déficit financier causé par une baisse des sub­ven­tions et une aug­men­tation des coûts de sco­larité associée à une hausse du nombre d’étudiants. Par ailleurs, 1/​3 des per­sonnels de l’université ont entre 50 et 59 ans.

Des objectifs de résultats sont mis en place pour répondre aux besoins des entre­prises. Une évaluation des uni­ver­sités se déroule tous les 5 ans elle concerne l’ ensei­gnement, la recherche et le Learning centre.

Le learning centre est un inves­tis­sement stra­té­gique. Déve­lop­pement d’infrastructures modernes. Archi­tecture, bâtiment…

Le learning centre répond à une pression finan­cière : réduire le temps pour l’apprentissage implique, des réduc­tions de personnels.

Une façon différente d’apprendre ?

Une phi­lo­sophie edu­cative : l’apprentissage actif : Un modèle d’apprentissage autonome. En pri­vi­lé­giant une autre façon d’apprendre la biblio­thèque place l’étudiant dans une dyna­mique active d’apprentissage fondée sur la réso­lution de pro­blème ; l’enseignant est alors un guide. (Enquête 2010 sur le public des Learning centres : 42% des étudiants le fré­quentent tous les jours. Pour un étudiant : 10 heures de cours, 13 heures de travail dans le Learning centre par semaine)

  • Des envi­ron­ne­ments de travail équipés pour les étudiant(e)s. Un campus élec­tro­nique. Les livres et autres res­sources d’information jouent un rôle clé dans ce modèle d’apprentissage, qui place les biblio­thèques au coeur du pro­cessus éducatif ;
  • Un envi­ron­nement flexible ;
  • Un labo­ra­toire de nou­vellles formes d’enseignement ;
  • Des res­sources et des ser­vices d’expertises pour tra­vailler dif­fé­remment
  • L’objectif de résultats ;
  • L’entrée par “com­pé­tences” pour mieux répondre aux besoins des entreprises.

Déve­lop­pement de nou­velles façons de trans­mettre les connais­sances en uti­lisant le learning centre. Servir les besoins de chaque étudiant indi­vi­duel­lement :

  • En déve­loppant l’accès à des envi­ron­ne­ments d’apprentissage - réels et vir­tuels ;
  • En pré­sentant un vaste choix de sup­ports d’information et d’enseignement ;
  • En offrant la pos­si­bilité de s’engager dans dif­fé­rentes acti­vités d’apprentissage seul ou avec ses pairs ;

Modèle d’apprentissage autonome : tuteur→étudiant→information. Eve­ry­thing is everywhere !

Convoque le schéma managérial :

BMP - 156.9 ko

Quelques fac­teurs de succès du Learning centre : équipes multi-​​professionnelles qui tra­vaillent ensemble, ensei­gnants réceptifs aux autres…

Les aménagements des learning centre.

Le modèle d’apprentissage autonome (tuteur→ étudiant→ infor­mation) est plus efficace car l’étudiant par­ticipe acti­vement. Les Learning centres sont au coeur de ce modèle d’apprentissage.

Un enseignement efficace trouve place dans un environnement social donné :

  • vers l’apprentissage actif
  • car moins d’argent = moins de pro­fes­seurs
  • Un envi­ron­nement flexible
  • L’intégration d’un ensemble de res­sources, de ser­vices et d’expertise
  • L’anticipation et la conduite d’un chan­gement de modèle éducatif

La création de nouveaux aménagements :

  • Café éducatif
  • Espaces de travail indi­vi­duels
  • Salles pour le travail en groupe
  • Centre d’apprentissage flexible
  • Mise à dis­po­sition de postes infor­ma­tiques
  • Bornes d’aide et de conseil ; un envi­ron­nement élec­tro­nique qui recopie toutes les pos­si­bi­lités des envi­ron­ne­ments réels.
  • Regrou­pement de service sur une même pla­te­forme avec des per­sonnels (infor­mation et infor­ma­tique) prêts à tra­vailler ensemble et à collaborer.

Table ronde n°1 « Exi­gences du socle et des nou­veaux pro­grammes et espaces sco­laires » - Jean-​​Michel BLANQUER, Directeur général de l’enseignement sco­laire - (Dis­cours enregistré)

La question de la fonction docu­men­taire est essen­tielle dans les struc­tures d’enseignement, elle est renou­velée par le contexte des réformes de l’Education Nationale (Ecole pri­maire, socle commun, réformes du Lycée.). Le centre de res­sources docu­men­taires et infor­ma­tion­nelles fournit à tous docu­ments et infor­ma­tions dont ils ont besoin.

La fonction docu­men­taire est cen­trale et trans­versale, vis à vis de l’élève, en ani­mation et en rela­tions exté­rieures. On doit en retrouver les effets dans la réussite de tous les élèves.

Les ancrages fondamentaux sont inscrits dans le socle commun [école primaire] :

  • la maî­trise de la lecture (com­plé­men­tarité papier et numé­rique) l’autonomie ;
  • l‘individualisation des par­cours de for­mation : auto­nomie ( capacité à rechercher l’information)

Le Socle commun de com­pé­tences et de connais­sances au collège est un pont dont la docu­men­tation est le pilier. Le but recherché est la trans­ver­salité des savoirs. Le docu­men­ta­liste en est le ferment. La fonction docu­men­taire est essen­tielle pour le socle.

Au lycée, par l’évolution des centres, c’est une fonction docu­men­taire affirmée moderne et avant-​​gardiste qui anime la vitalité pédagogique.

Table ronde : Claude Bisson-​​Vaivre (Ins­pecteur général de l’éducation nationale, groupe EVS)  [modérateur]

Le Learning centre en s’appuyant sur le CDI ferait passer l’école de lieu de trans­mission de savoir à un espace de concen­tration de res­sources et espace d’apprentissage.

Claude Bisson-​​Vaivre :

Sur les connais­sances : la recherche renou­velle les savoirs. Cette néces­saire assi­mi­lation de nou­velles connais­sances tou­jours plus nom­breuses, n’introduit elle pas une nou­velle façon d’apprendre ?

Annie Mamecier (Ins­pec­trice générale de l’éducation nationale, groupe SVT) :

Les connais­sances et leur place ne sont pas remises en causes mais ce qui a changé c’est la posture des ensei­gnants. Avant ils trans­met­taient mais aujourd’hui ils font acquérir des savoirs où la place de l’élève est dif­fé­rente avec une péda­gogie plus active. Sur la question du choix des sujets traités : en science, l’augmentation des connais­sances (empi­lement) s’est heurtée au choix néces­saire. Depuis 15 ans, les sciences expé­ri­men­tales ont fait le choix d’ancrer les concepts à enseigner dans des pro­blèmes sociétaux et donc retrait de pans entiers de pro­grammes, ces choix sont aujourd’hui adoptés.

Comment se fait l’acquisition des connais­sances ? Ce qui est important c’est le statut de la connais­sance. Il faut faire en sorte que l’élève maî­trise l’information qu’il a trouvée et c’est là le rôle de l’école. A l’intérieur de l’établissement : le CDI où les col­lec­tions scien­ti­fiques sont souvent moins fournies en science car il existe des labo­ra­toires de sciences où sont stockés les manuels, les horaires des CDI ne sont pas tou­jours com­pa­tibles avec ceux des élèves, la structure du CDI peut évoluer comme avec les TPE, les PPCP ; le lieu médi­co­social devrait lui aussi évoluer : les infir­mières n’ont pas le rôle d’enseignement et de for­mation qu’elles devraient ; la salle de per­ma­nence devrait évoluer en étant associée à une véri­table salle de travail ; le hall des établis­se­ments sco­laires devrait évoluer : pourquoi ne pas afficher les travaux d’élèves comme à l’étranger dans les établis­se­ments français ?

Claude Bisson-​​Vaivre :

For­mation du Citoyen : comment ancrer le futur citoyen dans les valeurs du passé ? De quels outils dispose-​​t-​​on en établis­sement sco­laire pour le mettre en place ?

Laurent Wirth (Ins­pecteur général de l’éducation nationale, groupe Histoire-​​Géographie) :

Le CDI est le car­refour de l’établissement. Le lien entre CDI et pro­fes­seurs d’histoire géo­graphie est ancien. Sans pré­tendre au monopole de la for­mation du citoyen car toutes les dis­ci­plines y par­ti­cipent, mais l’histoire géo­graphie entre­tient une relation par­ti­cu­lière avec l’éducation civique : il y a de mul­tiples occa­sions dans les pro­grammes en géo­graphie et en his­toire de faire des allers retours entre le passé et le présent (ancrer le futur citoyen). Comment faire pour s’adapter à cette nou­velle confi­gu­ration que sont les TIC, sortir de la classe ? Les TIC sont un défi majeur dont toutes les dis­ci­plines doivent s’emparer : travail renouvelé dans ce contexte avec les pro­fes­seurs docu­men­ta­listes. Dans de nom­breux établis­se­ments, des cabinets d’histoire géo­graphie existent et font parfois concur­rence au CDI : une col­la­bo­ration est néces­saire pour réfléchir sur l’utilité actuelle de ces cabinets.

Dans les pro­grammes de géo­graphie, il est inscrit pour la pre­mière fois de sortir sur le terrain en sixième et cela nécessite la col­la­bo­ration du pro­fesseur docu­men­ta­liste, de la vie sco­laire, des autres col­lègues. Tra­vailler autrement dans le contexte du socle, de la réforme du lycée : au collège, travail par com­pé­tences et au lycée il faut trouver de nou­velles moda­lités de travail avec les TIC en arti­cu­lation avec les pro­fes­seurs docu­men­ta­listes et les autres dis­ci­plines mais aussi tra­vailler autrement : amener les élèves à s’exprimer à l’oral. L’option d’ his­toire géo­graphie en ter­minale S qui sera à l’oral au bac peut être un labo­ra­toire d’expérience.

Claude Bisson-​​Vaivre :

Les com­pé­tences 6 et 7 du socle sont trans­ver­sales. Comment les mettre en œuvre ?

Catherine Bizot (Ins­pec­trice générale de l’éducation nationale, groupe des Lettres) :

Pourquoi pas un jour des pôles dis­ci­pli­naires ancrés dans les dis­ci­plines mais avec une conver­gence et une cohé­rence des pro­grammes ? Com­plicité natu­relle des lettres avec les pro­fes­seurs docu­men­ta­listes : au niveau des pro­grammes du lycée, il y a réaf­fir­mation de cette proximité. Le français est à la fois un moyen d’apprentissage et un objet d’apprentissage (par­ti­cu­larité) et à ce titre il est concerné par toutes les com­pé­tences du socle. Les pro­fes­seurs de français sont très habitués à la trans­ver­salité comme les pro­fes­seurs documentalistes.

Auto­nomie, créa­tivité, res­pon­sa­bilité : des com­pé­tences qui se forment dans et par l’analyse des textes. 2 exemples : Com­pé­tence 4 relève du savoir lire, écrire, se docu­menter. De plus, la réflexion sur le lien entre les sup­ports et le sens est une réflexion inhé­rente au français. Edu­cation aux médias est expli­ci­tement pré­sente dans les pro­grammes de seconde, pre­mière et ter­minale ce qui implique de lire, de traiter l’information. Il est dit expli­ci­tement dans les pro­grammes qu’une col­la­bo­ration avec le pro­fesseur docu­men­ta­liste est vivement sou­haitée : cela va de soi car la ren­contre avec l’écrit, le livre, le presse, doit passer par des ren­contres qui ne peuvent pas tou­jours se faire au sein de la classe mais au CDI qui est un lieu idéal pour l’accès à la lecture des élèves, le choix des lectures.

Le CDI peut être le lieu où les dis­ci­plines peuvent construire ensemble des par­cours convergents.

Un autre aspect est inscrit dans les pro­grammes : péda­gogie active recom­mandée donc posture d’activité et l’enseignement d’exploration comme lit­té­rature et société en est l’exemple.

L’école est-​​elle struc­turée aujourd’hui pour accueillir ces pra­tiques trans­ver­sales ? Il y a encore beaucoup d’obstacle car l’architecture même n’est pas prévue pour la ren­contre, l’accès aux res­sources. Claude Bisson-​​Vaivre : Les dis­ci­plines tech­no­lo­giques ne sont vraiment déve­loppées qu’au cycle ter­minal du lycée. Comment les ensei­gnants intègrent-​​ils l’apprentissage de l’autonomie ?

Norbert Perrot (Inspecteur général de l’éducation nationale, groupe STI) :

En STI, on est marqué par les branches pro­fes­sion­nelles (on part des besoins des entre­prises pour faire les ensei­gne­ments). Les connais­sances évoluent mais les démarches restent. Elles sont souvent évaluées en contrôle continu en cours de formation.

La démarche de projet existe aussi au collège et cela permet d’arriver à déve­lopper l’autonomie (acti­vités pra­tiques, expé­ri­men­tales). En collège, envoi de res­sources sous forme de DVD mais cela arrive peu aux enseignants.

En classes pré­pa­ra­toires, il y a mise en ligne des res­sources (acti­vités, cor­rigés, TP) et cela déve­loppe l’autonomie des élèves.

Inter­dis­ci­pli­narité : les pro­fes­seurs docu­men­ta­listes sont presque les seuls dans les col­lèges à connaître les thèmes de conver­gence. En lycée, le chef des travaux peut avoir ten­dance à stocker des res­sources, des revues mais cela dis­paraît avec l’utilisation des res­sources numé­riques. Toute activité se fait en uti­lisant les TIC.

3 points pour conclure cette table ronde :

L’enseignement ne se trouve plus uni­quement dans la classe mais en inter­action avec d’autres lieux qui doivent être fédérés autour du cdi pour faire un Learning centre.

Dans les réformes, les dis­ci­plines se réor­ga­nisent pour aller vers davantage de transversalité.

Il est important que les pro­fes­seurs docu­men­ta­listes, les CPE soient associés aux évolu­tions qui se mettent en œuvre dans les établis­se­ments (accom­pa­gnement per­son­nalisé ne doit pas échapper aux pro­fes­seurs documentalistes).

La question docu­men­taire d’un établis­sement doit être à l’ordre du jour du conseil pédagogique.

« S’informer pour apprendre Et apprendre à s’informer » - François TADDEI, cher­cheur en bio­logie des sys­tèmes à l’Inserm : Dia­logue entre JL Dur­paire et F. Taddei

JLD

Que pensez-​​vous du CDI ?

FT

Beaucoup de bien…Faire un test en demandant aux élèves ce que signi­fient les lettres CDI, ce que les élèves pensent du cdi, et ima­giner un cdi sur une autre planète est très révé­lateur sur les attentes des élèves.

Créativité, Découverte, Innovation ! Centre de développement de l’imaginaire !

Le cdi est le lieu qui a le plus changé dans l’établissement. Quand on fait des enquêtes (PISA) inter­na­tio­nales il s’avère que : l’accès aux NTICE favorise les appren­tis­sages, à condition d’avoir un bon bagage culturel. On apprend mieux avec les NTICE si on a beaucoup de livres chez soi !

La France est en der­nière position en terme d’égalité au savoir. Le rôle du CDI est fon­da­mental, c’est un des lieux de l’innovation péda­go­gique les plus marqués aujourd’hui.

Tout en étant le pivot péda­go­gique de l’innovation dans l’établissement, il n’a pas de forme cano­nique, pas de programme.

C’est important pour les élèves de connaître les condi­tions de pro­duction du savoir.

JLD

Apprendre à s’informer : comment l’école peut-​​elle remplir ce contrat ?

FT

Apprendre à s’informer, c’est apprendre à ques­tionner. Il faut passer du temps sur les fon­da­mentaux et les concepts, il faut penser l’imprévu.

Questions de la salle :

  • Comment la péda­gogie du ques­tion­nement transforme-​​t-​​elle le système d’enseignement et le temps de cours ?

La chaîne mémoire-​​apprentissage-​​pédagogie d’investigation est très impor­tante. En France, savoir et pouvoir sont liés il faut arriver à décloi­sonner, à innover, à faire de la recherche de qualité. Il faut intégrer tous ces apports scien­ti­fiques, former les ensei­gnants et les parents.

Le rôle du pro­fesseur docu­men­ta­liste dans l’acquisition de la culture de l’information est important. Quand on est « au service de » cela se passe mal quand on co-​​construit il y a tou­jours un résultat positif pour les dif­fé­rentes parties.

Il faut armer les élèves avec des outils. Le résultat d’une enquête amé­ri­caine démontre que quand les jeunes prennent des risques intel­lec­tuels ils prennent moins de risques phy­siques. Quand on est à l’écoute de la demande alors on transmet du sens à l’apprenant. Comment faire si les élèves ne se posent pas de questions ?

A-​​t-​​on encouragé le ques­tion­nement à l’école ? La péda­gogie du ques­tion­nement fait réfé­rence à la maïeu­tique de Socrate. Comment est-​​ce que la péda­gogie du ques­tion­nement trans­forme le système sco­laire ? En France pas le temps de répondre aux ques­tions à cause des programmes.

  • Relation entre questionnement, savoir et mémoire ?

Si on s’est posé une question, on retiendra plus faci­lement la réponse que si l’on ne s’est pas posé la question. Le système d’évaluation som­mative ne convient pas à tous : là les TIC peuvent aider car il est pos­sible de trouver en ligne des res­sources de type cours, exer­cices, évaluation (maths).

Apprendre à s’informer et s’informer pour apprendre = apprendre à apprendre.

En sciences : pensée systémique.

  • Impact des technologies sur les modes de pensée ?

François Taddei a demandé aux étudiants de décrire leur démarche de recherche d’information : leur culture est très hété­rogène et ensuite mutua­li­sation des pra­tiques entre étudiants avant d’expliquer leur démarche de recherche d’informations à d’autres étudiants.

Sémi­naire : J2

Cliquez sur les flèches orangées pour dérouler le compte-​​rendu des interventions.

« Les Learning centres : quelles réa­lités ? » - Domi­nique AROT, Ins­pecteur général des biblio­thèques - Jean-​​Louis DUR­PAIRE, Ins­pecteur général de l’éducation nationale, groupe EVS.

  • “Investir l’idée prag­ma­ti­quement”
  • “créer des zones de bruit et de silence, mettre en place une dyna­mique des collections”

Domi­nique AROT, Ins­pecteur général des biblio­thèques

« Modernité et modernisation : les Learning centres à l’université”

Pri­vi­légier le nomi­na­lisme : il suf­firait de donner un nom nouveau à des réa­lités pour qu’elles existent ! C’est le cas de l’appellation « média­thèque » qui a favorisé le déve­lop­pement des biblio­thèques de lecture publique.

Modernité : l’expression « Learning centre » pose pro­blème elle doit être tra­duite, mais ce nom nouveau cor­respond à des réa­lités nouvelles.

Moder­ni­sation, la poli­tique déli­bérée d’innovation dans l’enseignement supérieur.

Le Learning centre est une façon de remettre la biblio­thèque au cœur de l’université, l’occasion de concevoir une poli­tique docu­men­taire renou­velée et un nouveau rapport au public (le guichet unique). Il permet de renou­veler les formes d’appropriation des connais­sances, d’accentuer l’autodidaxie au centre de l’université ; de déve­lopper de nou­velles pra­tiques avec des outils numé­riques, de per­mettre à l’étudiant de tra­vailler seul ou avec ses pairs.

Il cite Robert Darnton, his­torien et directeur de la biblio­thèque de Harvard, « la biblio­thèque, coeur battant de l’université ». [en com­plément : http://​www​.lepoint​.fr/​g​r​a​n​d​s​-​e​n​t​r​e​t​i​e​n​s​/​r​o​b​e​r​t​-​d​a​r​n​t​o​n​-​l​-​i​n​f​o​r​m​a​t​i​o​n​-​n​-​e​s​t​-​p​a​s​-​l​e​-​s​a​v​o​i​r​-​06​-​01​-​2011​-​1283072​_​326.php]

De nouveaux modèles de bibliothèque.

Des constats : dans le cadre des biblio­thèques, on constate : des emprunts en baisse, plus de séjour sur place pour une grande diversité d’activités. De nou­velles for­mules et de nou­velles idées sont apparues en Europe :

  • en Grande-​​Bretagne : les « ideas stores », biblio­thèques à vocation sociale, com­prenant un espace de for­mation tout au long de la vie. Les cours n’y sont pas aca­dé­miques, mais prag­ma­tiques, tournés vers la vie quo­ti­dienne, ex. Cours de langue anglaise, cours de cuisine…),
  • aux Pays-​​Bas : un nouveau modèle de biblio­thèque publique (Delft, Amsterdam en par­ti­culier) qui pri­vi­légie la convi­vialité (cafés, res­tau­rants…) et propose une conception dyna­mique des col­lec­tions et des ser­vices : la nou­velle biblio­thèque d’Amsterdam est ouverte 7/​7 de 10h à 22h, il existe des zones où il est pos­sible de parler à voix haute et aussi des salles où il règne un silence total. C’est un modèle où le public est au centre des pré­oc­cu­pa­tions (connais­sance des publics et stra­tégie d’accueil, horaires d’ouverture, condi­tions d’accès, convi­vialité, dif­fé­ren­ciation des espaces). Avant les col­lec­tions étaient au cœur des pré­oc­cu­pa­tions des biblio­thé­caires et main­tenant c’est le public.

Les learning centres :

Au centre les publics. La connais­sance des publics est un souci per­manent. En France les per­sonnes âgées et les ados sont absents des biblio­thèques, il faut ima­giner de nou­velles stra­tégies d’accueil, éviter le rapport frontal, pri­vi­légier le rapport d’accompagnement et avoir le souci de la convi­vialité. Repenser les condi­tions d’accès, la dif­fé­ren­ciation des espaces.

Les dif­fé­rents projets en France : Poi­tiers, Mul­house, Saclay/​Paris XI, Lille 1 horizon 2014-​​2015

  • A Poi­tiers : le concept est celui de la moder­ni­sation et du regrou­pement des col­lec­tions, dans un souci d’encyclopédisme fécond. Un souci d’innovation péda­go­gique, le croi­sement des étudiants et des ensei­gnants cher­cheurs dans un lieu d’échange. Il s’agit de favo­riser la réussite des étudiants, l’idée du guichet unique est conservée (santé, orien­tation, etc.).
  • A Mul­house : la notion de maison commune est mise en avant. Le Learning Centre lieu de vie et de détente devient le « 3ème lieu » après le lieu du domicile et celui du travail ; il est le lieu où l’on apprend où l’on s’entraîne et où l’on res­titue les pro­duc­tions de cours et de travaux divers.
  • A Saclay : Trois Learning Centres sont pro­grammés sur ce site. On relève l’importance attribuée au travail col­la­bo­ratif, au confort, à l’architecture et à la dif­fusion de la culture scien­ti­fique.
  • A Lille 1 : le projet est lié au déve­lop­pement écono­mique et social avec le rôle moteur du conseil régional. Le projet ori­ginal est un projet thé­ma­tique centré sur la culture scien­ti­fique et tech­nique. 30 % de l’espace est réservé au travail de groupe ; il y a un Internet café de 100 places ; le rapport entre le bruit et le silence a été bien pensé ; il y a des pos­si­bi­lités d’ouverture partielle.

Jean-​​Louis Dur­paire, Ins­pecteur général de l’éducation nationale, groupe EVS

« Learning centre : quelles réalités dans les collèges et les lycées ? »

Quelles ques­tions ont présidé à l’organisation spa­tiale des CDI à l’Education Nationale, il n’y a pas de bureau de construction, la DGESCO ne donne pas de conseil sur cette question générale de construction, donc il n’y a pas de cadrage, il faut donc tra­vailler sur les liaisons avec les col­lec­ti­vités territoriales.

Le Learning centre n’est pas une révo­lution mais plutôt un retour à la source. Si on regarde les textes sur les CDI on a toutes les idées évoquées aujourd’hui pour les Learning centres. C’est une évolution qui tient compte du fait que davantage de travail per­sonnel est demandé aux élèves.

L’articulation CDI et vie sco­laire a été cadrée his­to­ri­quement par la cir­cu­laire de 1982 mais l’évolution a fait s’éloigner les lieux, il en a résulté une affir­mation de la docu­men­tation. L’évolution a tenu compte des nou­velles demandes péda­go­giques (davantage de travail per­sonnel, de travail de groupe, de recherches) ; de la sépa­ration his­to­rique des pôles éducatif et ensei­gnement, a mis en avant le rôle péda­go­gique des pro­fes­seurs docu­men­ta­listes ainsi que l’importance d’une réflexion globale dans chaque établis­sement sco­laire sur les espaces docu­men­taires. On peut faire un constat négatif, en salle de per­ma­nence tout est permis, au cdi tout est interdit.

A Lis­bonne en 2000, il y a eu un col­loque : « Concevoir les établis­se­ments sco­laires dans une société de com­mu­ni­cation : biblio­thèque et centre de docu­men­tation, en tenant compte des NTIC, des nou­velles pra­tiques péda­go­giques, de la for­mation tout au long de la vie, des réseaux.

Aujourd’hui, les études montrent l’importance de la démarche de recherche « Student-​​centred-​​learning » (SCL). On doit prendre en compte les besoins des appre­nants, le SCL accorde une place de choix à l’environnement de travail.

La question des espaces de travail est impor­tante, les obser­va­tions conduites dans le cadre d’inspections, mettent en évidences deux concep­tions, cor­res­pondant à des pra­tiques pro­fes­sion­nelles dis­tinctes : actuel­lement on a soit le cdi dans les marges, ou bien le cdi « coeur qui palpite ».

De nou­velles ambi­tions. Il y a main­tenant de nou­veaux axes portés par les réformes actuelles liées à la loi de 2005 pour la réussite de tous les élèves ; par l’intérêt lié aux condi­tions de travail des élèves et aux condi­tions d’apprentissage ; par la recherche de la plu­ri­dis­ci­pli­narité. Les CDI sont au coeur de l’apprentissage.

Les 5 conditions pour passer du cdi au Learning Centre :

  • tout projet de nouvel espace doit avoir une approche large en terme de lieu de vie des élèves ;
  • tout projet doit être construit avec une approche « usagers » ;
  • tout projet doit ques­tionner l’équipe ensei­gnante ;
  • tout projet doit avoir un porteur de projet, le pro­fesseur docu­men­ta­liste ;
  • tout projet doit tenir compte de l’accueil indi­viduel, du travail en groupe, du travail en classe entière, de l’accès aux col­lec­tions, du prêt des docu­ments, de la convivialité.

Table ronde n°2 « Les Learning centres : pre­mières réa­li­sa­tions et perspectives »

  • Jean-​​Yves CAPUL, sous-​​directeur des pro­grammes d’enseignement, de la for­mation et du déve­lop­pement numé­rique, DGESCO
  • Béné­dicte ROBERT, chef du dépar­tement de la recherche et du déve­lop­pement, de l’innovation et de l’expérimentation, DGESCO
  • Nicolas DOMPNIER, pro­fesseur docu­men­ta­liste
  • Yves DEBIEN, pro­viseur de lycée hono­raire
  • Michelle CAINE, ia-​​ipr EVS, aca­démie de Dijon
  • Pierre DANEL, ia-​​ipr EVS, CTICE, aca­démie de Clermont Ferrand
  • Julien ROCHE, directeur du service commun de docu­men­tation, Uni­versité de Lille
  • Jean-​​Jacques PELLE directeur de l’éducation, Conseil général du Finistère
  • Jean-​​Charles RINGARD, directeur de l’éducation, Conseil régional des Pays de la Loire
  • Modé­rateur : Pascal COTENTIN, ia-​​ipr, CTICE, CRDP de Versailles

Pour vous, les » learning centres » à la fran­çaise, c’est quoi et pourquoi vous intéressez-​​vous à ce concept ?

Nicolas Dompnier, pro­fesseur docu­men­ta­liste, cité inter­na­tionale Grenoble

Pré­sen­tation du cdi du lycée à Gre­noble partagé avec la biblio­thèque muni­cipale. Le CDI/​Bibliothèque permet une ouverture de 58 h par semaine. Il y a 800 pas­sages par jour.

Il a été noté que la pre­mière pré­oc­cu­pation des élèves est la recherche d’une table pour travailler.

Nicolas Dompnier apprécie l’aspect ludique du Learning centre avec la proximité du café. Il conçoit la salle de lecture comme un portail vers la bibliothèque.

Michèle Caine, ia-​​ipr EVS, académie de Dijon

Dans le learning centre, l’élève est au centre.

« Comment attirer les élèves faibles et les garder dans les Learning centres ? Comment faire venir les élèves moyens qui ne sont pas accompagnés ? ».

Par la mise à dis­po­sition de res­sources de qualité, des « serious games », le site​.tv etc.

Dans les CDI, la fonction d’accueil doit être revue, plus d’ouverture et il faut rentrer en contact avec les élèves, les regarder ! Il faut aussi restruc­turer les espaces en fonction des usages.

Il y a un pro­blème car les élèves des établis­se­ments sco­laires vont tra­vailler dans les biblio­thèques lorsque les CDI sont fermés. Les élèves ont besoin de tra­vailler sous le regard des autres, ils ont besoin de bruit.

Jean-​​Jacques Pelle, directeur de l’éducation, Conseil général du Finistère

Une direction des col­lèges et des lycées a été créée dans le Finistère en 2010, pour prendre en compte les évolu­tions et la légis­lation ; l’application de l’agenda 21 permet de mener une poli­tique de déve­lop­pement durable et de favo­riser les projets contri­buant à l’autonomie de l’élève.

Il est dif­ficile pour lui de donner un avis au sujet des Learning centres, mais il écoute et prend notes des évolu­tions pos­sibles. En 1990, un réfé­rentiel de construction des col­lèges a été établi, c’est actuel­lement le seul texte légis­latif dis­po­nible. Dans le Finistère, en par­te­nariat avec les col­lèges, les locaux sont adaptés dans le cadre d’un plan plu­ri­annuel. Un obser­va­toire de la vie au collège a vu le jour dans le cadre de la démo­cratie participative.

Béné­dicte Robert, chef du dépar­tement de la recherche et du déve­lop­pement, de l’innovation et de l’expérimentation, DGESCO

L’innovation à l’échelle de l’établissement. On peut consi­dérer que la gestion des prêts par les élèves, comme la création de sites web tient lieu d’innovation. L’introduction des outils tech­niques, induit un chan­gement des pra­tiques et par­ticipe de l’innovation à l’échelle de l’établissement.

Il existe des cor­res­pon­dants de l’innovation dans chaque Aca­démie, mais il est vrai qu’ils tra­vaillent peu avec les pro­fes­seurs documentalistes !

Julien Roche, directeur du service commun de docu­men­tation, Uni­versité de Lille 1

A domi­nante scien­ti­fique et tech­nique, l’Université de Lille 1 com­prend 95% de res­sources numé­riques qui repré­sente 90 % du budget. L’enseignement secon­daire va être impacté très cer­tai­nement de la même manière par l’arrivée du numé­rique, les mêmes ques­tion­ne­ments vont se poser au sujet de la désaf­fection du public, de la baisse du nombre de prêts.

La réponse apportée par le Learning centre à Lille est liée à la fra­gi­li­sation de la place tra­di­tion­nelle de la biblio­thèque, la désaf­fection des lieux, la concur­rence de Google. Le projet repose sur la refonte de la biblio­thèque et son élargissement :

  • La prise en compte du travail en groupe (carrels, espace de 4 à 6 per­sonnes, de 8 à 10, de 20 per­sonnes). Pla­ni­fi­cation de réser­vation de salles pos­sible , les étudiants y sont en auto­nomie, les moda­lités de travail des usagers doivent être res­pectées (gestion du bruit et du silence, gra­dation de la consom­mation des ali­ments)
  • Le niveau sonore pas tou­jours résolu (pro­blème du télé­phone por­table)
  • les espaces de détente, les sta­tions de jeu, les cafés internet sont pensés en amont
  • le principe du guichet unique est en appli­cation
  • l’ouverture vers la cité avec un espace d’exposition ouvert, » un espace d’expérimentarium » ( tran­sition lycée-​​université), un com­plexe événe­mentiel.
  • Il y a un enjeu majeur à renou­veler le dis­po­sitif d’accès au virtuel, en inté­grant l’aspect de « serious game »
  • Déve­lopper les tech­no­logies de la biblio­thèque vers les accès mobiles

Dif­fusion d’un film : Visite du Learning centre de Kingston, en Angleterre

« Etre membre d’une com­mu­nauté qui apprend ». Le Learning centre de Kingston reçoit plus de 2 mil­lions de visite par an et établit plus de 1 mil­lions de prêts. C’est une expé­rience sociale, un mélange d’expérience. Le lieu est flexible, l’apprentissage est accès sur l’individu. Il existe des bornes qui per­mettent de prendre rendez-​​vous pour avoir des infor­ma­tions com­plé­men­taires. Le système de sur­veillance se fait par caméra.

(Est-​​ce un pro­blème de droit à l’image des per­sonnels, ou de fas­ci­nation pour la robo­tique mais seuls les auto­mates sont filmés ?)

Que faut-​​il modifier, les lieux, les fonctions, les métiers ?

Béné­dicte Robert, chef du dépar­tement de la recherche et du déve­lop­pement, de l’innovation et de l’expérimentation, DGESCO

On peut avoir un très beau CDI mais aucun travail péda­go­gique ! Le rayon­nement du CDI doit être important autour de la question de la métho­do­logie et de l’accompagnement des mises en pra­tique. Un vade­mecum peut éven­tuel­lement être mis en place pour les équipes qui se lan­ce­raient dans dans l’aventure du Learning centre. Il existe une base de données des expé­ri­men­ta­tions. Une invi­tation est faite à par­ti­ciper aux1ères journées inter­na­tio­nales de l’innovation en mai 2011 à l’UNESCO. CARDI-​​DGESCO, Cor­res­pondant inno­vation dans les aca­démies à contacter pour monter les projets.

Chris­tophe Barbier, préfet des études en Collège CLAIR et RARCPE

Au collège l’objectif du projet était de regrouper les dif­fé­rents espaces : cdi + salle de per­ma­nence + bureau du CPE + assis­tants d’éducation + salle infor­ma­tique. Un rap­pro­chement avec la cir­cu­laire de 1982 a été fait, le pro­fesseur docu­men­ta­liste co-​​manage la vie sco­laire, le cpe a alors une vision plus globale (dans l’établissement il y a 2 cpe + 1 pro­fesseur docu­men­ta­liste). Cette orga­ni­sation pose la question de la for­mation des assis­tants d’éducation, mais aussi du recru­tement, et du pro­filage des postes (les A.E. sont formés par le pro­fesseur docu­men­ta­liste). Il y a la volonté d’associer le pro­fesseur docu­men­ta­liste à cette poli­tique globale d’établissement. Au cours du 3ème tri­mestre le cours d’éducation civique aura lieu dans l’espace pôle élève avec la cpe et le pro­fesseur documentaliste.

Pierre Danel, ia-​​ipr EVS, CTICE, aca­démie de Clermont-​​Ferrand

La dimension du lieu est très impor­tante. Ce qui est nouveau c’est la nécessité de diver­sifier les voies d’apprentissage. Nous ne pro­gres­serons pas si nous ne nous inté­ressons pas à l’usage du temps. Aujourd’hui émergent d’autres temps de travail des élèves hors du cours. Plus de la moitié des usagers des Learning centres sont hors temps sco­laire, cet outil permet donc d’assurer la conti­nuité du temps sco­laire. Il existe une diversité des espaces de travail de l’élèves dans et hors du temps sco­laire. Il faut faire éclater les ENT d’établissement car trop res­trictifs et faire de l’ENT un outil de com­mu­ni­cation entre les établis­se­ments. La prise en compte du numé­rique au niveau des res­sources doit être plus impor­tante. Il faut diver­sifier la mise à dis­po­sition des dif­fé­rents outils. Les nou­velles pra­tiques pro­fes­sion­nelles sont un enjeu, on y associe des com­pé­tences dif­fé­rentes, et on y met en cohé­rence les outils.

Dif­fusion d’un film sur le Learning centre de Neuvic à l’est de Londres Il y a 2700 étudiants qui parlent environ 80 langues dif­fé­rentes. Les envi­ron­ne­ments per­mettent le travail en groupe. Le Learning centre est ouvert jusqu’au samedi 22h, il y a des liens entre les employés et les pro­fes­seurs. Notre rôle est de pré­parer les jeunes à être membre actif de la communauté.

Un lieu de docu­men­tation n’a aucune valeur s’il n’y a pas de lien entre ceux qui tra­vaillent dans le même lieu.

Quelles perspectives ? On fait comment ? avec qui ?

Jean-​​Jacques Pelle, directeur de l’éducation, Conseil général du Finistère

Le pro­blème des équi­pe­ments est important, il faut abso­lument élaborer un schéma plu­ri­annuel d’équipements. Il faut faire mieux pour moins cher. IPad : un conseil général a décidé d’équiper tous les élèves de 6ème ainsi que les profs. Travail en par­te­nariat avec le rec­torat pour décider de la poli­tique à mettre en place mais aussi ren­contre avec les bassins de documentalistes.

Julien Roche, directeur du service commun de docu­men­tation, Uni­versité de Lille

Les trans­po­si­tions du Learning centre sont pos­sibles en collège et en lycée. Il faut cependant un véri­table projet accro­cheur :

  • des idées, une bonne connais­sance du contexte, des points de repères et de com­pa­raison (faire du « bench­marking »)
  • les dif­fé­rents aspects de la for­ma­li­sation du projet (impli­cation forte de l’équipe ensei­gnante, du chef d’établissement, le rôle des col­lec­ti­vités est fon­da­mental, la place de l’architecture, la for­mation du chef de projet)

Michèle Caine, ia-​​ipr EVS, académie de Dijon

Il faut impérativement associer les parents au projet de Learning centre.

Nicolas Dompnier, pro­fesseur docu­men­ta­liste, cité inter­na­tionale Grenoble

On peut associer les usagers : pour cer­tains docu­ments en arabe, ce sont les usagers qui font le catalogage.

Chris­tophe Barbier, préfet des études en Collège CLAIR et RAR

L’espace cdi/​vie scolaire doit répondre aux difficultés des élèves.

Pierre Danel, ia-​​ipr EVS, CTICE, aca­démie de Clermont-​​Ferrand

Il faut cla­rifier les ambi­tions et coor­donner les dif­fé­rentes ins­tances par rapport au numérique.

Syn­thèse de Jean-​​Louis Dur­paire, Ins­pecteur général de l’éducation nationale, groupe EVS.

Il faut pro­poser des sémi­naires de réflexion autour de ces dif­fé­rents thèmes :

  • dif­fi­culté struc­tu­relle liée à l’autonomie des col­lèges et Lycées. Le cahier des charges du CDI vu par les col­lec­ti­vités ter­ri­to­riales.
  • la pro­po­sition d’un vade­mecum par la DGESCO ;
  • Inno­vation, un appel est fait à la par­ti­ci­pation au col­loque sur l’innovation à l’UNESCO.

La conception des espaces docu­men­taires d’un CDI : l’indispensable par­ti­ci­pation du pro­fesseur docu­men­ta­liste pra­ticien - Marie-​​Françoise Bis­brouck (expert-​​consultante pour la construction, l’aménagement et l’équipement des bibliothèques)

Repenser l’espace CDI comme un espace de travail et d’apprentissage et comme un espace de vie dans l’établissement.

CDI : lieu de l’égalité des chances entre les élèves, il peut être vécu comme un espace de liberté per­son­nelle, de valo­ri­sation du jeune, comme un lieu inter­actif d’échange.

Le CDI est un outil à uti­liser sous réserve qu’on le maî­trise bien pour ne pas en être l’esclave.

L’aménagement du CDI aujourd’hui : il est axé autour de la position du corps de l’élève assis devant une table comme dans les salles de cours. Or dans les biblio­thèques, l’attitude est moins contrainte pour les jeunes (être soi-​​même).

Nou­velle typo­logie des acti­vités et des atti­tudes per­mises au corps en bibliothèque :

  • Tra­vailler sur des docu­ments : être assis à une table.
  • Lire une revue, une BD, un manga : être assis sur un fau­teuil ou un gros coussin qui épouse la forme du corps (activité ludique).
  • Jouer sur un écran : accès à des jeux sportifs pour jouer seul ou à plu­sieurs : Cela a-​​t-​​il sa place au cdi ? oui et dans ce cas, je dois être debout dans un espace où le bruit sera confiné pour ne pas per­turber les autres espaces.
  • Jouer à des jeux de société inter­actifs : être assis ou debout.
  • Pré­parer un exposé mais à plu­sieurs et on a besoin d’ordinateur pour effectuer une recherche : le groupe doit pourvoir se réunir dans de bonnes conditions.

Ces activités permettraient de mettre en valeur les qualités de l’élève.

Le CDI doit passer d’une pièce unique à l’aménagement de plu­sieurs espaces dif­fé­renciés dans leur trai­tement archi­tec­tural, leur mobilier. Il faut aussi que les espaces soient modulables.

Comment concevoir alors de nouveaux CDI ?

  • Projet doit être le fruit de la réflexion du docu­men­ta­liste, des ensei­gnants, de l’équipe de direction, des élèves. C’est un projet d’établissement.
  • Il faut aller voir d’autres CDI, des Biblio­thèques Muni­ci­pales (aller à l’étranger)
  • Déve­lopper l’imagination créa­trice
  • Trouver l’équipe projet et un chef de projet qui peut être le pro­fesseur docu­men­ta­liste. Rôle du chef de projet : il doit se mobi­liser et s’investir dans l’opération, il s’empare du projet pour en faire une réussite, il com­prend ce projet dans toutes ses dimen­sions et ses impli­ca­tions, il acquiert de nou­velles connais­sances pour remplir ce rôle. Pour cela, il doit être reconnu comme tel par l’équipe péda­go­gique, soutenu par l’équipe de direction.

Qualités requises pour un bon espace documentaire :

  • Loca­li­sation du CDI dans l’établissement : cen­trale, visible, faci­lement accueillante.
  • Flexi­bilité des espaces et des amé­na­ge­ments : rien n’est fixe et tout est mobile (rou­lettes sous le mobilier)
  • Dis­poser d’espaces bien dif­fé­renciés dans leur trai­tement archi­tec­tural : à chaque usage doit cor­res­pondre un espace dif­férent. Activité calme au centre du CDI et celles plus bruyantes en péri­phérie
  • Soigner tout par­ti­cu­liè­rement la qualité des espaces : qua­lités pho­niques, éclairage arti­ficiel (et naturel), colo­ri­métrie, ambiance, pros­crire l’uniformité (ne pas bana­liser les espaces et leur donner à chacun une tonalité).
  • Regrouper à coté du CDI des salles de chant, de dessin…

La conduite de projet :

  • Pré pro­gramme et pro­gramme : pour archi­tecte ou un service tech­nique (il faut se créer une docu­men­tation de réfé­rence, déter­miner les objectifs à atteindre…)
  • Etapes du projet : Avant Projet Som­maire (APS), Avant Projet Défi­nitif (APD) : par­ti­ciper aux travaux de la com­mission tech­nique, par­ti­ciper à la mise au point de l’aps et de l’apd…
  • Dis­cussion sur les offres des entre­prises, dérou­lement et réception du chantier, mise en place du mobilier, démé­na­gement des col­lec­tions (orga­niser détaillée des col­lec­tions), ins­tal­lation des per­sonnels et des ser­vices
  • Les points clés : le chef de projet doit se posi­tionner à chaque étape du projet, s’assurer que chaque étape est conforme au pro­gramme, pri­vi­légier les contacts har­mo­nieux avec les par­te­naires (com­promis), s’assurer que l’on parle le même langage.

Les ques­tions d’aménagement de l’espace ne sont pas au cœur de nos métiers. Il faudra donc apprendre de nou­velles connais­sances pour les projets de construction d’espaces.

Présentation d’images d’aménagement de bibliothèques.

8 ate­liers sur les démarches d’apprentissages des col­lé­giens et des lycéens générées par le passage du CDI au Learning centre, com­pé­tences et auto­nomie de l’élève.

Chaque atelier devait réfléchir à trois questions :

1-​​ La place res­pective du « learning » et du « tea­ching » dans les appren­tis­sages scolaires

  • Tea­ching : le pro­fesseur facilite l’accès aux savoirs, il est pré­occupé par la didac­tique
  • Learning : repo­si­tionner l’élève au centre, favo­riser l’autonomie, apprendre à apprendre

Il n’y a pas d’antagonisme entre le « tea­ching » et le « learning », mais une réelle complémentarité.

2-​​ La pédagogie est-​​elle induite par les espaces et les temps ?

Les impé­ratifs liés à la péda­gogie imposent de repenser les espaces et le temps, la question du ter­ri­toire et de la com­pé­tence. Repenser l’ouverture du CDI.

3-​​ Le Learning centre est-​​il un cadre propice à la mise en oeuvre pra­tique des injonc­tions institutionnelles ?

Le CDI est un levier pour déve­lopper l’autonomie des élèves. Les Learning centres sont induits par les réformes, ils véri­fient cer­tains cri­tères de décloi­son­nement et d’adaptabilité. Il faut déve­lopper une fluidité d’accès au Learning centre qui encourage au travail en auto­nomie. Un vrai projet de Learning Centre c’est un projet d’établissement. Les per­sonnes et les statuts sont un frein à cette évolution.

4-​​ Présenter un lieu qui reflèterait cela

Collège Charpack à Gous­sain­ville engagé dans cette démarche de Learning centre /​/​ Lycée Bel­levue à Saintes /​/​ Learning centre : Un CDI clas­sique, une salle de travail en petit groupe, salle mul­ti­média, hall pour expo­sition, vie sco­laire et salle de per­ma­nence. /​/​ c’est l’ensemble de l’établissement qui constitue le Learning centre /​/​ fluidité d’accès, encou­rager le travail autonome, le CDI n’est qu’une partie de cet espace ouvert, partagé et convivial. Synergie pour la réussite des élèves. Collège Pons à Per­pignan /​/​ Le Learning centre est une idée qui séduit, qui pose le pro­blème de l’espace et du temps mais qui ques­tionne les places rela­tives de l’apprendre et de l’enseigner et acces­soi­rement de la DRH et des moyens. Le Learning centre c’est un espace modu­lable, poly­valent, accueillant et confor­table, qui favorise le travail autonome et de groupe, qui doit être lar­gement ouvert, dans l’idée d’un service où peuvent inter­venir d’autres acteurs, conception d’un élève plus usager qu’élève. /​/​ Collège Lycée Auguste Renoir à Limoges.

« Culture numé­rique et lieu d’apprentissage » - Alain Giffard, directeur grou­pement d’intérêt scien­ti­fique « Culture et médias numériques »

Il est impos­sible de former les gens à l’Internet, on ne peut que les former à la navi­gation sur Internet. Par rapport au numé­rique il y a un retard para­doxal, en effet il est normal d’être en retard car la tech­nique pro­gresse trop vite. Dans un logique de l’innovation l’école situe en dessous de la science.

L’espace numé­rique est un espace de pra­tique, un espace d’usage et un espace indus­triel. Il y a une réelle concur­rence de l’école avec les indus­tries cultu­relles (Amazon, Google…), car l’espace des indus­tries numé­riques inter­vient sur l’espace de l’école. L’économie de Google est double face, elle donne et elle revend. C’est une économie de l’accès, de la cap­tation du public. Au contraire des pro­fes­sionnels de l’intermédiation (libraire, pro­fesseur docu­men­ta­liste, biblio­thé­caire) qui n’interviennent plus après l’accès au document, l’industrie numé­rique part de l’usager, les ser­vices pro­posés partent de l’usager (Twitter). La tech­no­logie de la lecture numé­rique est une tech­no­logie par défaut.

Pour les psy­cho­logues, les cog­ni­ti­ciens, le lien hyper­textuel induit une forme de déso­rien­tation, de sur­charge cog­nitive (fil de lecture lésé). Cette déso­rien­tation com­plique l’association de la lecture à la réflexion. Cela est com­pliqué dans le cas de la lecture numé­rique. Le bon lecteur saura prendre des déci­sions pour la lecture numérique.

Pour le lecteur qui a des dif­fi­cultés, va-​​t-​​il prendre la lecture numé­rique comme modèle de réfé­rence ? Or cela est dif­férent de la lecture clas­sique. Dans la lecture numé­rique, attention est sou­tenue si elle est tout le temps sol­li­citée (hyper attention).

La lecture numé­rique entraîne des per­tur­ba­tions, de la déso­rien­tation. Cette déso­rien­tation a un effet culturel capital et com­plique l’association entre culture et réflexion, créant ainsi une sur­charge cog­nitive. Dans leur pro­gramme indus­triel Google et Amazon, exemples de l’économie de la cap­tation ne laissent aucune place à la lecture réflexion, le risque est alors grand pour les lec­teurs mal formés de prendre la lecture numé­rique pour le modèle de réfé­rence. L’exploitation écono­mique est liée à chaque acte de lecture numé­rique : le bon lecteur google, celui qui clique partout.

Depuis 1990, baisse de la lecture des imprimés et baisse de la per­for­mance de la lecture. La lecture recherchée via le web suppose une hyper-​​attention, à finalité commerciale.

La question de la for­mation ne peut pas ne pas prendre en compte l’économie numé­rique, le rôle des indus­tries numé­riques, car le lieu d’apprentissage c’est le monde numé­rique. Dans ce monde numé­rique il y a deux com­po­santes : d’un côté, la com­po­sante indus­trielle (for­matage, la pra­tique) et les pra­tiques du public de l’autre.

On peut se demander quelle est la place des lieux d’apprentissage, des learning centres ? pour répondre, il faut renoncer à quatre principes :

  • 1er principe : renoncer à l’idée d’utiliser les tech­no­logies comme des moyens à fina­lités éduca­tives. Contribuer à com­battre le for­matage, dis­socier moyen et fin. Traiter le chan­gement de contexte.
  • 2ème principe : renoncer à la pro­duction de contenus pour le numé­rique. (les visites vir­tuelles sur le site du Louvre, l’accès au Louvre facilité par le numé­rique !!! )
  • 3ème principe : nos lieux d’apprentissage doivent être des lieux où on apprend à décé­lérer. On ne peut pas être plus rapide que les indus­tries numé­riques. Il faut réin­venter l’exercice. Il faut partir des pra­tiques. Tout ce qui est culturel donne une place à l’exercice, il faut réin­venter l’exercice numé­rique. Il faut informer de ce qu’il y a der­rière les dif­fé­rents formats, aucun homme ne peut ima­giner le résultat de google, et les gens ne font pas la dif­fé­rence entre les textes écrits par les robots et ceux écrits par les hommes. Informer sur ce qu’il y a der­rière les formats. Ne pas imiter les indus­tries de com­mu­ni­cation.
  • 4ème principe : il faut relancer la relation entre sub­jec­tivité et savoir (cf. l’humanisme comme culture de soi par les arts et les lettres). Ce qui renvoie à une conception reli­gieuse. La païdeïa grecque (παιδεια), ou au concept de ’cultura’ chez les Romains, qui dési­gnait aupa­ravant la culture des champs, et aussi les petits cultes. Cicéron reprend cette notion. Plus tard, la culture produit l’’humanitas’ : l’humanisme, c’est-à-dire la culture de soi.

Le numé­rique est le domaine d’élection dans le for­matage des jeunes dans la construction de leur sub­jec­tivité, for­matage visible dans tous les dis­po­sitifs de mise en scène de l’entre soi que sont les réseaux sociaux. Il devient impos­sible de dia­loguer si l’on main­tient l’écart entre la sub­jec­tivité des désirs, le soucis de soi (hors de l’école) et l’objectivité, l’oubli de soi (dans l’école). Les tech­no­logies de com­mu­ni­cation per­mettent donc une lecture de com­mu­ni­cation ; ce n’est pas la pensée.

Il faut mettre de la transparence devant l’opacité

Réponses aux questions posées dans la salle

A propos du for­matage, tout ne se vaut pas. Skyblog cette LEPJ (libre expression de soi) : une anti-​​école, un for­matage à com­battre. On ne peut pas contourner les indus­tries numé­riques, c’est un problème.

Comment expli­citer la com­plexité concep­tuelle à l’oeuvre aujourd’hui ? Le savoir numé­rique perçu comme un savoir empi­rique pose pro­blème. Il y a des dif­fi­cultés en for­mation car on n’a pas pris au sérieux les dif­fé­rents éléments numé­riques. Pour qu’il y ai du savoir, il faut des ins­ti­tu­tions du savoir et des pro­grammes du savoir.

Nous n’avons aucune garantie que la lecture numé­rique puisse rem­placer la lecture clas­sique. Les lec­tures numé­riques per­mettent une lecture de com­mu­ni­cation. Il y aura un danger quand une grande partie de la popu­lation ne pos­sèdera plus que la seule pra­tique de lecture numérique.

A propos de la notion de décé­lé­ration, c’est l’idée qu’il faut prendre le temps de cri­tiquer, d’approfondir. La notion d’information rejoint celle de la vitesse mais c’est une erreur.

A propos de gmail, le danger de l’extériorisation de la mémoire, une dépos­session de la mémoire.

Il faut réha­bi­liter la mémoire, l’exercice. L’activité de clas­sement est struc­tu­rante. L’école a à déve­lopper ce type de méthodes.

Il fau­drait créer une méthode google. Quand un jeune se sert de google comme d’un portail, c’est la base même de l’addiction. C’est le phé­nomène social et non la tech­no­logie qui rend ce type d’usage possible.

Sémi­naire : J3

Cliquez sur les flèches orangées pour dérouler le compte-​​rendu des interventions.

Denis Boullier, IGEN, directeur de l’ESEN « Les cadres et le mana­gement des ressources »

La notion de centre de res­sources a beaucoup évolué. L’ESEN a été créé en 1996, il s’agit d’un service à com­pé­tences natio­nales qui a permis l’émergence d’une poli­tique de for­mation de l’encadrement. La mise en service du site web a permis la mise en ligne de res­sources propres.

Mise à dis­po­sition de res­sources : ESEN produit des par­cours de for­mation via internet (pla­te­forme pairform@nce). En for­mation ini­tiale des ins­pec­teurs : offre de for­mation d’un par­cours hybride : pré­sentiel et à dis­tance (for­mation numé­rique du per­sonnel d’encadrement). L’offre de for­mation s’élargit à plu­sieurs espaces, à plu­sieurs temps : dans les par­cours hybrides, on n’est plus seulement dans une action de for­mation mais on est surtout dans une action de pro­fes­sion­na­li­sation. Ces par­cours adap­tables et modu­lables per­mettent une indi­vi­dua­li­sation, mettent en œuvre une péda­gogie active. En pro­posant ces par­cours hybrides, l’ESEN veut que les cadres puissent dans leurs mis­sions en aca­démie trans­férer cela dans la for­mation des per­sonnels dont ils ont la charge. Ce modèle de for­mation alter­natif pourrait aussi accom­pagner des élèves dans l’acquisition des com­pé­tences du socle.

8 ate­liers thématiques

1-​​ Internet rend-​​il obsolète le CDI ou lui donne-​​t-​​il un nouvel élan ? - Bernard Pallec ia-​​ipr EVS, aca­démie de Toulouse

Oui le lieu sans doute mais pas les enjeux, il lui donne un nouvel élan nécessairement.

Constats :

  • Le CDI est-​​il le seul à être obsolète ? Nécessité de repenser l’établissement
  • La lutte contre les usages est perdue d’avance. Il existe une diversité extrême des approches et des pratiques

Propositions :

  • Rai­sonner et réfléchir col­lec­ti­vement sur les actions à mener pour l’usage d’internet.
  • Trouver des réponses col­lec­tives sous l’impulsion forte et néces­saire du chef d’établissement.
  • Repenser la pro­blé­ma­tique en terme de Learning centre étendu à l’établissement tout entier.

2-​​ Comment la docu­men­tation peut-​​elle contribuer à la réussite des élèves internes ? - Christine Sapet-​​Reverdy, ia-​​ipr EVS, aca­démie de Besançon

Constats :

  • Les internes sont dans une situation de cloi­son­nement par­ti­culier.
  • Les ensei­gnants ignorent l’espace de l’internat. Il n’y a pas tou­jours mise en adé­quation des res­sources et des besoins pédagogiques

Propositions :

  • Une visite de l’internat par les per­sonnels est néces­saire.
  • Evaluer les besoins des élèves et des ensei­gnants, on peut envi­sager une démarche qualité conduite au niveau de l’établissement. Place des élèves (Conseil vie lycéenne, Maison des lycéens) dans la notion de besoin.
  • Réflexion à conduire sur la poli­tique à mener sur la place des accès internet.

3-​​ Le CDI : espace sacré ou lieu de consom­mation ? - Marie-​​Claude Boyer-​​Roche, ia-​​ipr EVS, La Réunion

Contradiction entre espace sacré et lieu de consommation :

  • Sacré : codes, ini­tiation, silence, élitisme, sélection
  • Consom­mation : ser­vices pour tous, usagers

La for­mu­lation pro­posée est un fan­tasme, lieu commun, peur. La réalité est plus nuancée, pas anti­thé­tique mais com­plé­men­taire selon les acti­vités et les publics.

Evolution des CDI : espace régulé, lieu d’éducation et d’apprentissage.

Propositions :

  • Aujourd’hui le CDI n’est pas un Learning centre, c’est un lieu poly­fonc­tionnel, avec un public très hété­rogène.
  • Evo­lution des pra­tiques des pro­fes­seurs docu­men­ta­listes et des membres de la com­mu­nauté éducative. Mutua­li­sation des com­pé­tences.
  • Déve­lop­pement de l’autonomie de l’établissement dans son orga­ni­sation et au sein de l’établissement
  • Modifier les repré­sen­ta­tions du CDI, faire par­tager la culture du sémi­naire
  • Trouver un nom équi­valent en français au Learning centre.

4-​​ Comment déve­lopper les coopé­ra­tions avec les biblio­thèques ? - Lau­rence Levy-​​Delpla, ia-​​ipr EVS, aca­démie de Paris

L’essentiel de ces coopé­ra­tions repose sur des par­te­na­riats entre établis­se­ments sco­laires et bibliothèques.

Quelles struc­tures : CRDP, CDDP, média­thèques, grandes ins­ti­tu­tions en ville, biblio­thèques cen­trales de prêt

Constats :

  • Volonté des docu­men­ta­listes et des per­sonnels de direction de mettre en place ces par­te­na­riats. Les biblio­thèques par­tagent cette volonté.

Propositions :

  • Créer des cadres pour faci­liter les mises en relation entre ins­ti­tu­tions (groupe de travail aca­dé­mique de Mar­seille liaison lycée uni­versité) à des fins de réflexion pros­pective et de co-​​formation

Exemples entendus

  • Pour les élèves : faci­liter les visites à la Biblio­thèque Uni­ver­si­taire, à la Biblio­thèque Municipale.

5-​​ Quel rôle du pro­fesseur docu­men­ta­liste pour l’acquisition de com­pé­tences info-​​documentaires par les élèves ? - Pierre Rivano, ia-​​ipr EVS, aca­démie de Toulouse

On constate l’empirisme des com­pé­tences. Le pro­blème est l’absence de cadrage national en ce qui concerne la mise en place de poli­tique docu­men­taire dans les établis­se­ments scolaires.

Constats :

  • Evo­lution des tech­niques demande une évolution de la for­mation des élèves donc for­mation à la maî­trise de l’information.
  • Nécessité de cohé­rence dans la for­mation
  • Les ensei­gnants doivent se mettre d’accord sur la démarche en conseil péda­go­gique
  • Beaucoup de conseils péda­go­giques ne mettent pas en place de poli­tique docu­men­taire
  • Comment faire un cur­ri­culum pour les élèves ?
  • Pas de com­pé­tences sans connais­sances
  • Notions et com­pé­tences appa­raissent dans les pro­grammes des dis­ci­plines
  • Pas de cadrage national mais des ini­tia­tives locales
  • Cela prends du temps

Propositions :

  • Repenser le statut des « éduca­tions à » pour pro­poser un module sur éducation aux médias
  • Cadrage national néces­saire et pas laisser libre choix aux établissements

6-​​ Comment les Docu­men­ta­listes et les C.P.E. Peuvent-​​ils amé­liorer ensemble les condi­tions d’accueil et de travail des élèves ? - Phi­lippe Mittet, ia-​​ipr EVS, aca­démie de Bordeaux

Constats :

une volonté de tra­vailler ensemble, et de faire réussir tous les élèves (socle commun). L’amplitude d’ouverture des espaces. Les assis­tants d’éducation sont intégrés à la vie sco­laire. Dans les projets d’établissement il n’y a pas de volet commun cpe/​professeur docu­men­ta­liste, il faut des inter­ven­tions com­munes pour les élèves.

Propositions :

affirmer une position commune d’éducateur de tous les acteurs, pro­poser une poli­tique commune (projet éducatif), un projet d’usage des espaces d’établissement (espace numé­rique). Il faut réfléchir à la position des assis­tants d’éducation par rapport au besoin des élèves.

7-​​ Quelles res­pon­sa­bi­lités les élèves peuvent-​​ils assumer par rapport à la docu­men­tation ? Alain Sedilot, ia-​​ipr EVS, aca­démie de Montpellier

On relève l’ambiguïté des termes « res­pon­sa­bilité », « assumer ». C’est dans la relation à l’altérité que l’on construit la res­pon­sa­bilité : dans le cas de l’ouverture du cdi par les élèves, la res­pon­sa­bilité n’est pas celle de l’élève mais celle du chef d’établissement. Il faut une cohé­rence entre la res­pon­sa­bilité donnée à l’élève au cdi et dans le reste de l’établissement.Pour faire en sorte que des élèves soient res­pon­sables, il faut établir un contrat.

8-​​ Quel rôle de la docu­men­tation pour les élèves décro­cheurs ? - Fré­déric Gante, ia-​​ipr EVS, aca­démie d’Amiens

On constate que le cdi doit être un lieu de bien-​​être et de culture ; c’est un point de ral­liement qui reste soumis aux bonnes volontés. On propose que l’élève en dif­fi­culté soit reconnu ; pour l’aider il faut qu’il ren­contre des situa­tions dif­fé­rentes. Au niveau de l’établissement il faut plus de mutua­li­sation ainsi que des chefs d’établissement formés. L’établissement a besoin d’une cohé­rence de dis­cours qui doit venir des IPR.

Syn­thèse

Jean-​​Pierre Veran, pro­fesseur associé, Uni­versité de Montpellier

Le terme de « poli­tique » revient souvent. Dans le modèle d’éducation français il y a une tension entre les concepts d’Education nationale et d’instruction publique. Le Learning centre ne peut pas être un lieu en marge. Le Learning centre à la fran­çaise ne peut que concilier l’instruction et la culture humaniste.

Mireille Lamouroux, res­pon­sable aca­dé­mique des ser­vices docu­men­taires, CRDP de Versailles

Rappel du livre « Les lieux du savoir »

On a parlé « d’inlocalisation » des savoirs. Le learning centre est un lieu aug­menté de ser­vices ras­semblés. Ce système repose sur des sujets acteurs de leurs appren­tis­sages. Ce nouveau lieu de savoirs est plus défini par des savoirs que par des contenus. Il existe des limites intel­lec­tuelles sur les­quelles il faut réfléchir à notre posi­tion­nement : investir l’espace numé­rique, opé­ration de for­mation en se cen­trant sur le comment plus que sur le contenu de formation.


Notes