Un référentiel métier pour l’enseignant documentaliste

Pour le Bureau national Isabelle Fructus et Martine Ernoult

RESUME
Introduction au Médiadoc "Référentiel métier" publié par la FADBEN en Mars 2006

Un référentiel métier pour l’enseignant documentaliste

Pour le Bureau national Isabelle Fructus et Martine Ernoult

Le Médiadoc de mars 2006 est disponible au format PDF en bas de cet article


RÉFÉRENTIEL MÉTIER : ENSEIGNANT DOCUMENTALISTE

Depuis long­temps, la FADBEN réfléchit à la pro­po­sition d’un réfé­rentiel métier sur le modèle de ce qui a été proposé pour d’autres pro­fes­sions (voir par exemple le travail effectué par l’ADBS, Asso­ciation des pro­fes­sionnels de l’information). Aujourd’hui, nous fran­chissons le pas et nous vous sou­mettons le résultat de nos travaux.

Un référentiel, pour qui ?

Tout d’abord pour les ensei­gnants docu­men­ta­listes eux-​​mêmes. Faut-​​il ici encore rap­peler la dif­fi­culté du travail au quo­tidien pour des per­sonnels dont les mis­sions ont été fixées en 1986 ? L’évolution de l’ensemble des pro­fes­sions et tout par­ti­cu­liè­rement de celles liées à l’information et à la docu­men­tation est une évidence. Bien sûr, les ensei­gnants docu­men­ta­listes ont su faire face à cette mutation pro­fonde en se formant et en trans­formant pro­fon­dément leurs acti­vités dans les établis­se­ments sco­laires. La FADBEN a accom­pagné ce travail dif­ficile en orga­nisant des journées pro­fes­sion­nelles aca­dé­miques ou natio­nales, en publiant des outils de réflexion et de mise en pra­tique dans sa revue Médiadoc. Pourtant, toutes ces actions, quelle que soit leur valeur, ne peuvent per­mettre de poser un regard global sur la pro­fession. Il nous a semblé que seul un réfé­rentiel métier pouvait per­mettre à la fois d’analyser les pra­tiques, de porter un regard global sur les acti­vités menées et de faire des pro­po­si­tions cohé­rentes en matière d’information et de docu­men­tation dans le cadre d’un établis­sement scolaire.

Ce réfé­rentiel se veut aussi un outil pour la for­mation des futurs ensei­gnants docu­men­ta­listes et des sta­giaires en Docu­men­tation. Il doit leur per­mettre de se construire une repré­sen­tation réa­liste, mais aussi pros­pective, de la pro­fession à laquelle ils se des­tinent. Les for­ma­teurs des IUFM pourront sans doute l’utiliser en tant qu’outil de réfé­rence pour construire des plans de for­mation : sans être un texte officiel, il repré­sente à coup sûr un courant de pensée fort dans la profession.

Enfin, l’association elle-​​même avait besoin de se doter d’un outil « clair » pour pouvoir faire des pro­po­si­tions « claires » à l’institution. La FADBEN a lar­gement par­ticipé à la construction d’une pro­fession nou­velle mais il lui man­quait aujourd’hui un document structuré qui dégage la mission cen­trale des ensei­gnants docu­men­ta­listes et la décline dans le contexte actuel. Ce réfé­rentiel a donc l’ambition de syn­thé­tiser les actions des ensei­gnants docu­men­ta­listes autour du déve­lop­pement de la culture infor­ma­tion­nelle des élèves.

Un référentiel, comment ?

Pour construire ce réfé­rentiel, la FADBEN s’est appuyée sur son aptitude à tra­vailler en équipe. En effet, l’association n’a pas attendu les nou­velles tech­no­logies pour mettre en commun, valo­riser, mul­ti­plier les com­pé­tences de chacun de ses membres. Dans le cas présent, un groupe de travail au sein du Bureau national a été constitué. Il com­prenait : Martine Ernoult (chargée de la coor­di­nation des travaux), Isa­belle Laudin, Chantal Lelièvre et Mar­celle Taf­fonneau. Ce groupe a convié des experts qui ont bien voulu faire par­tager leurs savoirs et com­pé­tences (Fran­çoise Auboin et Claude Morizio). Il s’est appuyé sur la connais­sance et l’analyse des pra­tiques, les réfé­ren­tiels exis­tants, ainsi que sur une vision pros­pective de la pro­fession. D’autres ont bien voulu relire les travaux et apporter cri­tiques et remarques (Fran­çoise Chapron, Pascal Duplessis). Enfin le Bureau national a accom­pagné toutes les étapes du projet et a assuré la concor­dance entre le réfé­rentiel et les objectifs de l’association pour la pro­fession. Se sont donc joints au travail à dif­fé­rentes étapes du projet : Thierry Adnot, Bri­gitte Bac­connier, Ivana Ballarini-​​Santonocito, Christine Bruner, Marie-​​Pierre Fèvre, Isa­belle Fructus, Alain Luciani, Gilles Perrin, Eli­zabeth Thi­baudin, Anna Vicente et Alain Zardo.

Pour autant, il ne faut pas en déduire qu’il a été simple de faire cer­tains choix. Ce que nous vous pro­posons est donc un travail de col­la­bo­ration, de syn­thèse de dif­fé­rentes options parfois, mais avec le souci de faire une véri­table pro­po­sition pour la pro­fession qui ne soit pas un vague consensus ména­geant des contraires inconciliables.

Quelle perspective pour la profession ?

Cela ne sur­prendra sans doute pas ceux qui connaissent bien notre asso­ciation : l’image de la pro­fession telle que nous avons cherché à la des­siner est celle d’une pro­fession struc­turée autour de sa mission péda­go­gique. Cette mission elle-​​même s’exerce dans un domaine de com­pé­tence par­ti­culier, celui de l’information-documentation. Dans ce domaine, l’action de l’enseignant docu­men­ta­liste est prio­ri­tai­rement de s’assurer que soient mis en place les appren­tis­sages néces­saires. En effet, les élèves ne doivent pas se voir réduits à de simples pra­ti­ciens des outils infor­ma­tiques ou usagers des res­sources élec­tro­niques. Ils doivent les maî­triser, c’est-à-dire maî­triser toutes les notions et com­pé­tences en matière d’information-documentation leur per­mettant d’agir en citoyens dans la société contemporaine.

Nous avons donc choisi de faire pré­céder le réfé­rentiel métier pro­prement dit d’un schéma chargé de sym­bo­liser la pro­fession. Au centre, apparaît l’objectif qui doit guider la réflexion sur les acti­vités menées : déve­lopper la culture infor­ma­tion­nelle des élèves dans le cadre de l’établissement sco­laire. En haut se situe le moyen prin­cipal pour mettre en œuvre cet objectif : enseigner l’information docu­men­tation. En bas, l’outil et le cadre d’exercice pro­fes­sionnels pour mener à bien cet ensei­gnement : l’outil, le système de res­sources dans lequel le CDI joue le rôle d’un système didactisé ; le cadre qui dynamise cet ensei­gnement, la poli­tique docu­men­taire de l’établissement scolaire.

Il n’est pas question ici de trans­former les ensei­gnants docu­men­ta­listes en pro­fes­seurs de docu­men­tation ni de pro­poser une nou­velle dis­ci­pline sco­laire, la docu­men­tation. Tou­tefois, la réalité montre que sans cadre formel, les ensei­gne­ments dis­pensés restent émiettés si ce n’est inco­hé­rents. C’est ce qui nous a conduits, suite à la réflexion asso­ciative et par­ti­cu­liè­rement aux travaux menés lors du congrès de Nice en 2005, à pro­poser que les ensei­gnants docu­men­ta­listes construisent un cursus de for­mation pour l’ensemble des élèves. A ce sujet, ce réfé­rentiel est donc un outil à uti­liser conjoin­tement avec le réfé­rentiel de com­pé­tences élèves produit par la FADBEN en 1997 et le réfé­rentiel de notions (à maî­triser par les élèves) dont l’élaboration est en cours et qui fera l’objet d’une parution pro­chaine. Bien évidemment, tra­di­tion­nel­lement, c’est l’institution qui propose ce genre d’outil. Il est pro­fon­dément regret­table qu’elle ne le four­nisse pas aux ensei­gnants que nous sommes. Nous espérons donc que les éléments que nous avons pro­posés, pro­posons et pro­po­serons se révè­leront effi­caces pour aider nos col­lègues à élaborer un cursus com­pa­tible avec les moyens humains et maté­riels dont ils dis­posent. Faut-​​il ajouter que l’instauration offi­cielle d’un nombre d’heures alloué annuel­lement aux élèves pour leur for­mation en information-​​documentation serait un soutien et une action plus efficace que les mul­tiples réfé­rences à la « société de l’information » ?

Cela va mieux en le disant…

Nous avons choisi une pré­sen­tation qui soit la plus claire pos­sible. Comme tout choix, il pré­sente cer­tains incon­vé­nients. Nous vou­drions revenir ici sur quelques points :

  • Souci de cohé­rence : Cer­tains items ont posé pro­blème quant à leur loca­li­sation. Nous avons tenté de garder la cohé­rence des regrou­pe­ments et tenté d’éviter les redites.
  • Gra­nu­larité : Le critère retenu a été de ne retenir que des niveaux d’actions appli­cables dans tous les établis­se­ments sco­laires. Expli­citer trop aurait exigé de tenir compte des contraintes locales, ce qui était contraire à l’objectif de ce référentiel.
  • Exhaus­tivité : Ce réfé­rentiel met en valeur les acti­vités domi­nantes. Il n’est donc sans doute pas exhaustif, mais essaie de ne pas oublier d’élément essentiel.
  • Le tout n’est pas la somme des éléments ! Les pôles et sous-​​pôles sont déve­loppés en items dont le nombre est variable. Il ne fau­drait pas en déduire qu’un plus grand nombre d’items cor­respond à un pôle ou sous-​​pôle plus important en ce qui concerne sa valeur pro­fes­sion­nelle ou l’espace-temps à lui consacrer.
  • Savoir-​​être : Cer­tains consi­dèrent que les savoir-​​être n’ont pas leur place dans un réfé­rentiel métier. Nous avons cependant tenu à les faire appa­raître sous la forme de qua­lités qui ne sont pas expli­cites dans les autres rubriques. Il ne convient bien évidemment pas d’en tirer un profil per­sonnel défi­nissant l’enseignant documentaliste.
  • Hié­rar­chi­sation : Les items ne sont pas classés hié­rar­chi­quement. Il est clair que chacune des acti­vités peut se révéler plus ou moins impor­tante selon les établis­se­ments sco­laires. C’est à chacun d’analyser le contexte qui est le sien afin de définir les priorités.
  • Fai­sa­bilité : Il revient aux ensei­gnants docu­men­ta­listes d’analyser ce qu’ils ont déjà mis en place, de dégager leurs prio­rités et de construire un projet spé­ci­fique qui peut s’étendre sur plu­sieurs années pour faire évoluer dans le bon sens le niveau de com­pé­tence des élèves en infor­mation docu­men­tation. Ce réfé­rentiel n’est pas une injonction mais un outil de réflexion.

Une conclusion en forme d’ouverture

Ce réfé­rentiel repré­sente une étape dans la réflexion pro­fes­sion­nelle et asso­ciative. Nous espérons qu’il s’en dégage le cœur de notre pro­fession. En tant que tel, nous sou­haitons bien évidemment que chacun s’en empare, se l’approprie. La FADBEN, quant à elle, s’appuiera sur cet outil pour pro­mouvoir la pro­fession d’enseignant docu­men­ta­liste, non parce qu’elle y trouve un soutien d’ordre cor­po­ra­tiste mais parce qu’elle y trouve la struc­tu­ration et la concré­ti­sation d’un projet pour une profession.

Pour le Bureau national Isabelle Fructus et Martine Ernoult


Documents joints
Mediadoc mars 2006 : Référentiel métier

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